46e session du Conseil des droits de l’homme

Déclaration du Royaume des Pays-Bas, au nom du Royaume des Pays-Bas, du Royaume de Belgique et du Grand-Duché de Luxembourg

Item 10: Dialogue interactif avec l’expert indépendant pour le Mali

Madame la Présidente,

J’ai le plaisir de faire la présente déclaration au nom des trois pays du Benelux :  la Belgique, le Luxembourg et le Royaume des Pays-Bas.

Les pays du Benelux s’alignent sur la déclaration de l'Union européenne et ajoutent les remarques suivantes.

Nos trois pays notent avec satisfaction l’accroissement du nombre de femmes participant aux travaux du Comité de Suivi à l’Accord (de Paix et de Réconciliation) et l’annonce par les parties d’accroître encore  cette participation. Nous saluons également l’adoption du nouveau Plan d’action national 2019-2023 sur la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies. De façon plus générale, nous marquons notre soutien aux efforts des autorités et des parties maliennes dans le cadre d’une meilleure implication des femmes dans le processus de réconciliation nationale, et dans toutes les structures de décision du processus de paix. Nous encourageons les autorités et parties maliennes à renforcer leurs efforts en la matière.

Nous demeurons profondément inquiets de la dégradation de la sécurité au Mali, qui s’accompagne de violations des droits de l'homme et d’abus commis, entre autres, par des groupes extrémistes armés, des groupes d’autodéfense et les forces de sécurité et de défense maliennes. Le sort des femmes et des filles est particulièrement inquiétant.

L’absence de progrès dans la traduction en justice des auteurs de violations des droits de l’homme est particulièrement préoccupante. L’impunité persistante mine la confiance de la population dans les autorités étatiques et sape ainsi les efforts en faveur de la paix, de la stabilité et de la réconciliation nationale. Les pays du Benelux appellent le gouvernement malien à prendre des mesures pour lutter contre l’impunité et à traduire en justice les auteurs de violations des droits de l'homme. 

À cet égard, Monsieur Alioune Tine, vous mentionnez dans votre rapport que l’insécurité ne saurait à elle seule expliquer le climat d’impunité au Mali. Selon vous, quelles sont les causes profondes de ce climat d’impunité et comment pouvons-nous contribuer à y remédier ? 

Enfin, les pays du Benelux saluent le travail de la Commission internationale d’enquête pour le Mali. Nous exhortons les autorités maliennes à donner suite aux conclusions de la commission et nous espérons que l’expert indépendant rendra compte de la mise en œuvre des recommandations de la commission lors de prochains dialogues.

Nous remercions l’expert indépendant pour son précieux travail.

Merci, Madame la Présidente.