Security Council Arria Formula Meeting: The Electoral Process in the Democratic Republic of the Congo

Statement by H.E. Lise Gregoire-van Haaren,
Deputy Permanent Representative of the Kingdom of the Netherlands to the United Nations

New York, 12 February 2018

Excellencies,

The Kingdom of the Netherlands is pleased to co-host today’s gathering and thanks the briefers for their valuable contributions.

In particular, I would like to thank Ambassador Haley for her personal commitment to the democratic transition in the DRC.

Under-Secretary General Lacroix’ presence here today reminds us of MONUSCO’s role in supporting the full implementation of the Saint Sylvestre Agreement, which contains the guiding principles for the holding of elections, the peaceful transfer of power and the consolidation of stability in the DRC.

This process is key to countering the current political and security crisis in the Democratic Republic of the Congo. It is therefore crucial that the Security Council and regional organizations pay very close attention to the political and legal progress towards elections on 23 December 2018.

Today, I will first highlight the importance of the technical preparations of the elections. My second point is that technical preparations alone are not sufficient: respect for human rights and an opening of the democratic space are fundamental. Third, I will emphasize that it is the responsibility of the Congolese themselves to organize elections that are credible to the people of the DRC.  

I will now continue in French.

C’EST UNE CHOSE D’AVOIR UN CALENDRIER TECHNIQUE

Mon premier point, c’est sur le calendrier technique. En novembre dernier, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a publié un calendrier électoral; il s’agit là d’une mesure encourageante. Ce point est prévu dans l’accord de la Saint-Sylvestre, que le Conseil de sécurité et l’Union africaine ont à plusieurs reprises appelé à appliquer. De diverses mesures importantes, dont la publication du budget et l’adoption de la loi électorale, constituent des progrès significatifs.

Je remercie le président de la CENI de ses informations concernant la suite de la préparation des élections dans les mois à venir.

Beaucoup reste cependant à faire. Tout d’abord, l’actualisation des listes électorales doit être achevée d’ici le 5 avril prochain. Cela implique de résoudre le problème des doublons et celui de l’inscription de mineurs, ce qui laisse présager des retards considérables: en effet, la suppression des doublons doit s’effectuer manuellement et scanner les photos d’identité ne suffit pas à détecter les mineurs.

Deuxièmement, l’introduction de machines à voter a suscité de nombreuses soucies. Il s’agit pourtant d’une décision de la CENI que nous respectons. Cependant, le Royaume des Pays-Bas recommandent urgemment de tester rigoureusement ces machines à un stade précoce afin de voir si elles pourront résister aux conditions climatiques et fonctionner dans un contexte local où milliers d’électeurs voteront pour divers scrutins.

Enfin, afin de garantir un financement international nécessaire aux élections, nous exhortons le président de la CENI à permettre une mise en œuvre rapide du PACEC.

LES CIRCONSTANCES ONT TOUT AUTANT D’IMPORTANCE

Mon deuxième point, concerne les circonstances des élections. Comme l’ont montré les violents et déplorables incidents des 31 décembre et 21 janvier derniers, les droits de l’homme et les libertés fondamentales sont toujours menacés. Il est de plus en plus difficile de tenir un rassemblement pacifique. Les tensions et l’impasse politique continuent de dominer.

Il reste nécessaire de mettre rapidement en œuvre l’accord de la Saint-Sylvestre, y compris les mesures qu’il prévoit pour restaurer la confiance. Nous sommes particulièrement préoccupés par l’interdiction générale des manifestations et des rassemblements politiques décrétée dans douze grandes villes de la RDC, ainsi que par l’intimidation et la répression permanentes dont font l’objet des défenseurs des droits de l’homme, les membres de la société civile, les leaders religieux et les partis d’opposition.

Selon le Bureau des droits de l’homme des Nations unies, à peu près 100 personnes sont encore emprisonnées en RDC en raison de leur engagement politique ou de leurs opinions. Nous appelons à leur libération immédiate.

LA RESPONSABILITÉ APPARTIENT AUX CONGOLAIS

Mon troisième et dernier point, concerne l’effet de la responsabilité appartient aux congolais. La tenue d’élections dans un pays aussi vaste que la RDC n’est pas chose aisée. C’est pourquoi les Nations unies, l’Union africaine, la Conférence internationale de la région des Grands Lacs, la Communauté de développement de l’Afrique australe, l’Union européenne et l’Organisation internationale de la Francophonie ont mis sur pied une équipe d’experts chargée de soutenir la CENI dans cette tâche. Il est difficile à comprendre pourquoi les Termes de référence définis pour les travaux de cette équipe n’ont toujours pas été signés, alors qu’il y a deux mois le Conseil de sécurité avait noté avec satisfaction l’offre faite.

Si la communauté internationale peut prêter main forte à la RDC, c’est aux autorités congolaises que revient la responsabilité finale de la tenue d’élections crédibles. C’est aux autorités qu’il revient de garantir une pleine et entière participation des Congolais et des Congolaises au processus électoral. C’est à l’ensemble des acteurs congolais qu’il revient de s’abstenir de toute escalade et de refuser la violence. C’est à l’ensemble des partis politiques congolais, à leurs partisans et aux autres acteurs politiques qu’il revient de renouveler leur engagement à appliquer l’accord de la Saint-Sylvestre.

La crise qui touche actuellement la RDC n’a rien d’ordinaire, ainsi que l’a souligné en décembre le chef de l’OCHA, M. Lowcock. L’urgence c’est claire. Le 23 décembre 2018, nous devrions pouvoir constater qu’un scrutin présidentiel a eu lieu, et qu’il a été jugé crédible par le peuple congolais.

Je vous remercie de votre attention.

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