Security Council Briefing: Burundi (In French)

Déclaration de S.E. Lise Gregoire-van Haaren,
Représentante permanente adjointe du Royaume des Pays-Bas auprès des Nations unies

New York, le 9 août 2018

Merci, Monsieur le Président.

Je remercie l’envoyé spécial, monsieur Kafando, pour son exposé. Le Royaume des Pays-Bas reste inquiet face à la situation politique et sécuritaire au Burundi, qui cause des souffrances inutiles à la population.

J’aimerais porter les trois points suivants à votre attention: l’espace politique en vue des élections en 2020, les violations persistantes des droits de l’homme et la nécessité de poursuivre le dialogue interburundais.

Monsieur le Président,

Le Royaume des Pays-Bas a pris note de l’annonce par le président Nkurunziza, le 7 juin dernier, de la fin de son mandat en 2020.

C’est une annonce encourageante et un pas vers le respect des accords d’Arusha.

Nous escomptons que cette décision contribuera à ouvrir l’espace politique et démocratique à tous les acteurs politiques pour préparer des élections libres, transparentes et inclusives.

Nous appelons donc le gouvernement burundais à profiter de cette dynamique pour créer, en concertation avec tous les mouvements politiques, les conditions favorables pour des élections crédibles en 2020, avec une pleine et égale participation des femmes.

Nous estimons que seul un dialogue inclusif, impliquant tous les acteurs politiques, femmes et hommes, peut mener à ce résultat.

Cela m’amène à mon deuxième point:

Monsieur le Président,

Tant que le dialogue interburundais restera au point mort, les violations des droits de l'homme continueront.

Des sources crédibles ont rapporté dans tout le pays plusieurs cas d’assassinats, de meurtres, d’arrestations arbitraires et d’enlèvements à motif politique le mois dernier.

En outre, nous observons une dégradation de la situation des réfugiés burundais dans la région, avec notamment des infiltrations répétées d’agents du gouvernement dans les camps de réfugiés en Tanzanie.

L'implication de la milice Imbonerakure et du service national de renseignement dans ces actes est particulièrement inquiétante. 

Le Royaume des Pays-Bas condamne ces violations et exhorte le gouvernement burundais à mettre fin à l’impunité et à respecter et garantir pleinement les droits de tous les Burundais.

Au vu de la situation des droits de l'homme, les enquêtes et les rapports indépendants sont plus importants que jamais.

Nous réitérons par conséquent notre appel au gouvernement burundais pour qu’il reprenne sa coopération avec le Haut-Commissariat aux droits de l'homme et qu’il collabore pleinement avec la commission d’enquête et les trois experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l'homme. La communauté internationale maintient sa volonté de discuter constructivement de ces questions avec les autorités burundaises. 

Le dialogue interburundais, mené sous l'égide de la Communauté d’Afrique de l’Est, reste le cadre désigné pour s’attaquer à la crise politique en cours au Burundi.

Les discussions, qui concernent aussi les modalités de retour des opposants en exil, doivent être finalisées rapidement afin de convenir d’une feuille de route pour le processus électoral en 2020.

C’est pourquoi nous appelons la Communauté d’Afrique de l’Est à tenir d’urgence la prochaine session du dialogue.

Nous appelons aussi toutes les parties à y participer sans conditions préalables.

Nous soulignons une fois encore que le dialogue interburundais doit être inclusif et répondre aux principes et à l’esprit des accords d’Arusha.

Le Royaume des Pays-Bas salue l’engagement exprimé par l’Union africaine de contribuer, avec la Communauté d’Afrique de l’Est, à un dialogue interburundais inclusif. 

En conclusion, Monsieur le Président,
Le Royaume des Pays-Bas maintient son engagement en faveur du développement et de la stabilité pour les Burundaises et les Burundais. Cependant, les parties prenantes burundaises sont les seules à pouvoir établir une paix durable, avec le soutien de la région.

En tant que facilitateur monsieur Mkapa a déclaré en marge du Forum des dirigeants africains que la sécurité et la paix au Burundi devaient être discutées par les dirigeants de la Communauté d’Afrique de l’Est.
Nous les soutenons et les appelons à poursuivre leurs efforts, avec l’appui actif de l’Union africaine et l’attention continue de ce Conseil, pour arriver à sortir de l’impasse politique.

Je vous remercie.

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