Security Council Briefing: Democratic Republic of Congo (In French)

Déclaration de S.E. Lise Gregoire-van Haaren,
Représentante permanente adjointe du Royaume des Pays-Bas auprès des Nations unies

New York, le 13 novembre 2018

Il ne reste que 39 (trente-neuf) jours avant les élections.

Les premières dans l’histoire de la République démocratique du Congo qui conduiront à une passation démocratique du pouvoir.

Nous remercions la représentante spéciale, madame Zerrougui, ainsi que son équipe, pour ses bons offices et son excellent exposé.

Nous remercions également Mme Mbela pour sa déclaration qui fournit le contexte supplémentaire nécessaire sur le processus électoral.

Aujourd’hui, je voudrais aborder trois points :

  • Premièrement, l'avancée des préparatifs des élections ;
  • Deuxièmement, la nécessité d’ouvrir davantage l’espace politique ;
  • Troisièmement, nos préoccupations quant à la détérioration de la situation dans l’est du Congo.

1. Préparation des élections

Monsieur le Président,

Le Royaume des Pays-Bas salue les avancées dans la mise en œuvre du calendrier électoral.

Notamment la distribution du matériel et la formation du personnel des bureaux de vote.

Nous saluons également l’invitation faite à la CDAA, à l’Union africaine et au Centre Carter d’envoyer des observateurs indépendants.

Ils joueront un rôle important aux côtés des 40 000 (quarante mille) observateurs locaux.

Nous encourageons par ailleurs les partis politiques et les citoyens à se faire accréditer comme témoins électoraux.

Le secrétaire général note dans son rapport que la MONUSCO et la CENI s’emploient ensemble à accroître la participation des femmes.

Nous applaudissons à leurs efforts et exhortons toutes les parties à mettre à profit ces derniers jours pour renforcer la participation des femmes à ce scrutin.

Nous rappelons au gouvernement de la RDC que la MONUSCO reste disposée à contribuer au soutien logistique.

De nombreux progrès ont été accomplis durant les derniers mois, mais il reste des défis, comme le manque de confiance et la restriction de l’espace politique.

Nous appelons tous les partis politiques à faire campagne de façon constructive et à aider à trouver des compromis pour relever ces défis.

2. Espace politique

Monsieur le Président, cela m’amène à mon deuxième point : la nécessité d’ouvrir davantage l’espace politique.

Nous félicitons le gouvernement congolais d’avoir récemment autorisé plusieurs manifestations qui se sont déroulées dans une atmosphère pacifique.

D’autres manifestations ont toutefois été interdites dans plusieurs grandes villes.

Nous exhortons une fois encore les autorités à lever l’interdiction totale de manifester et à respecter la liberté d’expression.

Nous rappelons aux autorités leur promesse de libérer les 130 (cent trente) prisonniers politiques, y compris les cas emblématiques, conformément à l’accord de la Saint-Sylvestre.

Avec le début de la campagne, il est essentiel de renforcer la confiance et de trouver un consensus entre les partis politiques et la CENI.

À cet égard, nous saluons l’ouverture d’un dialogue le 4 octobre dernier et encourageons tous les acteurs à œuvrer ensemble dans un esprit constructif.

Nous félicitons tous les partis politiques pour le maintien de leur engagement à participer au processus.

3. Est du Congo

Monsieur le Président, les enjeux de ce scrutin historique sont immenses. Une tâche colossale attend le vainqueur puisqu’il devra faire face aux défis humanitaires et sécuritaires qui persistent en RDC.

J’aimerais aborder en troisième lieu la détérioration de la situation sécuritaire dans l’est du pays.

Le nombre de groupes armés a notablement augmenté.

Les attentats perpétrés contre les civils et le personnel humanitaire dans la région de Beni sont inacceptables.

Ils menacent la lutte déjà incertaine contre l’épidémie d’Ebola, à ce jour la plus importante de l’histoire de la RDC.

Nous saluons l’important travail de la MONUSCO pour la protection des civils dans ce contexte.

Il est essentiel que la RDC et la communauté internationale œuvrent ensemble pour stabiliser Beni et gagner la confiance des populations locales.

Nous saluons à ce sujet la récente visite de messieurs Lacroix et Tedros.

Dans d’autres zones, y compris autour de Bijombo, la population subit encore les conséquences du conflit violent et des violations des droits de l'homme.

La crise humanitaire continue de s’aggraver, et nous appelons tous les États membres à augmenter leur contribution au Plan d’aide humanitaire.

Nous appelons la RDC et les États voisins à mettre en œuvre le cadre de conformité du Comité politique et de sécurité et à coopérer sur la question des personnes déplacées, notamment en vue de leur retour, conformément au droit international des droits de l’homme.

Conclusion

Monsieur le Président, j’en arrive à ma conclusion.

Nous assistons à un moment décisif dans l’histoire de la RDC. Un moment espéré par le peuple congolais.

Pour éliminer durablement les racines du conflit et de l’instabilité en RDC, il est indispensable qu’une passation de pouvoir démocratique fasse suite à des élections crédibles, pacifiques et transparentes.

Les citoyens congolais exprimeront leur vote et jugeront de la crédibilité du processus.

Dans cette phase finale, le Conseil et ses partenaires régionaux, y compris l’UA, la CDAA, la CEEAC et la CIRGL, doivent continuer à suivre attentivement la situation.

Merci de votre attention.

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