Security Council Briefing: Burundi (In French)

Déclaration de S.E. Lise Gregoire-van Haaren,
Représentante permanente adjointe du Royaume des Pays-Bas auprès des Nations unies

New York, le 21 novembre 2018

Je vous remercie, Monsieur le Président.

Le Royaume des Pays-Bas exprime sa gratitude à l’Envoyé spécial, monsieur Michel Kafando, et à monsieur Jürg Lauber pour leur avis éclairé sur la situation au Burundi.

Nous remercions le Secrétaire général pour son rapport et nous saluons son annonce de soumettre au Conseil une série d’options sur le rôle des Nations unies au Burundi.

Permettez-moi de m’arrêter sur trois points :

  • Premièrement, le dialogue interburundais;
  • Deuxièmement, la situation concernant la sécurité, le contexte socioéconomique et les droits de l’homme;
  • Troisièmement, la voie à suivre.

1. Le dialogue interburundais

Monsieur le Président, mon premier point porte sur l’avancement du dialogue interburundais.

Le Royaume des Pays-Bas souhaite exprimer son soutien au Facilitateur de la Communauté d’Afrique de l’Est, monsieur  pa, et le féliciter pour son action indéfectible en faveur d’un dialogue interburundais inclusif et satisfaisant.

En dépit de ses efforts, les résultats du cinquième round du dialogue, qui s’est déroulé du 25 au 29 octobre dernier, étaient décevants.
Nous partageons le constat du Facilitateur : il est regrettable que le gouvernement burundais se soit abstenu de participer.

En conséquence, de nombreuses divergences subsistent.

La conclusion évidente est qu’il n’y a toujours pas de feuille de route pour les élections de 2020.

Des questions importantes demeurent , telles que le retour de l’opposition extérieure et la sauvegarde des acquis des accords d’Arusha.

2. La situation concernant la sécurité, le contexte socioéconomique et les droits de l’homme

Monsieur le Président, cela m’amène à mon deuxième point: le Royaume des Pays-Bas reste préoccupé par la situation concernant la sécurité, le contexte socioéconomique et les droits de l’homme au Burundi.

Même si la situation sécuritaire globale s’est améliorée, le climat de répression continue de compromettre ce calme.

Le dernier rapport de la Commission d’enquête fait état de disparitions, de tortures et d’arrestations arbitraires.

Il note également que les principaux auteurs de ces faits sont des acteurs gouvernementaux ou leurs auxiliaires tels que les services nationaux de sécurité, la police et la milice Imbonerakure. Ces violations doivent cesser immédiatement et ne sauraient rester impunies.

Par ailleurs, de nombreux Burundais affrontent un climat socioéconomique difficile.

1,7 million d’habitants sont confrontés à une situation d’insécurité alimentaire.

378 000 réfugiés burundais se trouvent encore à l’étranger.

Dans ce contexte, l’aide internationale revêt une importance vitale.

Nous nous félicitons du leadership de Son Excellence l’Ambassadeur Lauber, président de la configuration de la Commission de consolidation de la paix spécifique au Burundi, pour continuer à prêter attention à cette question.

Il est aussi essentiel que les partenaires du Burundi puissent continuer à apporter leur soutien.

Le Royaume des Pays-Bas maintient son ferme engagement comme partenaire pour le développement du Burundi.

La porte du dialogue reste ouverte afin de résoudre les malentendus et de rétablir la confiance mutuelle.

C’est aussi le dialogue qui doit répondre à la suspension soudaine des ONG internationales, qui porte un sérieux coup d’arrêt aux activités de développement du pays.

3. La voie à suivre

Mon dernier point, Monsieur le Président, concerne la voie à suivre. Aujourd’hui, ce Conseil aborde la situation au Burundi pour la cinquième fois cette année. Il y a des signes encourageants, en particulier l’annonce que le président Nkurunziza ne briguera pas de nouveau mandat.

Les avancées sont cependant insuffisantes en ce qui concerne les points les plus consensuels et exprimés avec le plus de constance par le Conseil de sécurité, autant dans sa Déclaration du Président d’avril 2018 que dans sa déclaration à la presse d’août dernier, à savoir :

  1. La nécessité d’un engagement actif et inconditionnel en faveur du dialogue mené sous les auspices de la Communauté d’Afrique de l’Est,
  2. La conclusion d’un accord entre les parties prenantes avant les élections de 2020,
  3. La nécessaire reprise de la coopération entre le Burundi et le Bureau du Haut Commissariat aux droits de l’homme, le Bureau de l’Envoyé spécial des Nations unies et les observateurs de l’Union africaine.

À l’heure actuelle, ces questions sont toujours en souffrance.

Monsieur le Président, le sommet ordinaire de la Communauté d’Afrique de l’Est évaluera la situation au Burundi à la fin du mois, alors que le compteur tourne et que le délai d’ici 2020 se réduit.

Les dirigeants de la région vont devoir relever le défi et sortir le processus politique de l’impasse dans laquelle il s’est enlisé. 

Ils ont un rôle clé à jouer pour déterminer la stabilité future du Burundi et de la région dans son ensemble.

Le Royaume des Pays-Bas attend de la CAE un leadership et des orientations quant à la voie à suivre pour poursuivre le dialogue.

Nous saluons donc l’offre de monsieur Benjamin Mkapa d’informer ce Conseil à l’issue du sommet de la CAE, comme formulée dans sa lettre du 9 novembre. 

Nous appelons l’Union africaine, les Nations unies et les garants des accords d’Arusha à soutenir activement la recherche d’une solution politique.

Le dialogue inclusif reste l’unique voie pérenne vers le renforcement de la confiance nécessaire à des élections libres, équitables et se déroulant dans le calme en 2020.

Pour faire écho aux paroles de monsieur Benjamin Mkapa : ce Conseil ne doit pas se dessaisir de cette question.

Merci de votre attention.

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