Security Council Briefing: MONUSCO & DRC Sanctions (In French)

Déclaration de S.E. Lise Gregoire-van Haaren,
Représentante permanente adjointe du Royaume des Pays-Bas auprès des Nations unies

New York, le 26 juillet 2018

Merci Monsieur le Président,

Je remercie les trois intervenants pour leur exposé soulignant les multiples facettes de la crise en cours en RDC. Je suis particulièrement fière avoir Mme Masika Bihanga parmi nous aujourd’hui.

Au nom du Royaume des Pays Bas, je voudrais aujourd’hui aborder trois points.

  • Premièrement, le processus électoral.
  • Deuxièmement, la situation humanitaire et sécuritaire actuelle.
  • Troisièmement, le rôle crucial de la MONUSCO dans les mois à venir.

1. Les élections

Monsieur le Président, Au sujet du processus électoral :

La semaine dernière, ce Conseil et le Conseil pour la paix et la sécurité de l’Union africaine ont exhorté le gouvernement de la RDC à garantir la tenue des élections le 23 décembre 2018. Il y a certes du progrès dans les préparatifs législatifs et techniques. Cependant la confiance de nombre de parties prenantes dans le processus est faible.

Un an et demi s’est écoulé depuis l’accord de la Saint-Sylvestre. Ce Conseil ainsi que les parties prenantes régionales et internationales ont demandé à maintes reprises la pleine mise en œuvre des mesures de décrispation. On peut constater qui il reste énormément de travail à faire. Plus de cent prisonniers politiques sont toujours emprisonnés. Le harcèlement, les intimidations et les menaces que subissent nombre de membres d’organisations de la société civile et de partis politiques doivent s’arrêter. L’interdiction totale des manifestations n’a pas été levée. L’espace politique se réduit.

La participation des femmes aux élections est également un des éléments qui mérite notre attention et notre soutien.

La RDC ne peut se permettre des élections manquant de crédibilité. Les femmes et les hommes de la RDC aspirent à un transfert de pouvoir crédible, conforme à la Constitution, à l’accord de la Saint-Sylvestre et à la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Nous devons voir un progrès significatif.

Nous avons pris note du fait que la RDC a reporté la visite du secrétaire général de l’ONU et du président de la Commission de l’UA prévue plus tôt ce mois-ci. Nous espérons qu’une nouvelle date pourra été fixée rapidement. Une annulation risque de diminuer la confiance de la communauté internationale et de la population congolaise en l’engagement de la RDC envers l’ accord de la Saint-Sylvestre.

Le Conseil de Sécurité doit continuer à suivre l'évolution de la situation et rester étroitement impliqué, y compris par une possible visite en RDC.

2. Situation humanitaire et sécuritaire

Monsieur le Président, mon deuxième point concerne la situation humanitaire et sécuritaire actuelle.

Les élections ne sont qu’une pièce du puzzle. La situation humanitaire reste extrêmement inquiétante. Il y trois mois, la communauté des bailleurs de fonds a promis 500 millions de dollars pour l’aide d’urgence. La RDC a annoncé la création d’un forum et d’un fond humanitaire. Des millions de Congolais ont cependant un besoin urgent de mesures humanitaires. Et maintenant, la faim, les déplacements internes massifs et les risques sanitaires exacerbent sans cesse les menaces pour leur sécurité. C’est un cercle vicieux.

Les groupes armés et leurs ravages se multiplient. Ils terrorisent les communautés vulnérables, attaquent les unités des FARDC et tuent les casques bleus. Si la sécurité s’est améliorée dans les provinces d’Ituri et du Tanganyika, elle a encore reculé dans celles du Nord et du Sud-Kivu. La situation dans certaines parties du Kasaï reste grave.

Ce sont les femmes et les enfants qui paient le plus lourd tribut. Y compris par des violences sexuelles systématiques; du recrutement d’enfants soldats, de l’esclavage sexuel et des entraves à l’aide humanitaire. Ce Conseil ne peut rester un observateur passif; il doit agir, y compris par le régime de sanctions, et mettre fin à l’impunité de ceux dont l’implication dans ces pratiques a été attestée.

3. MONUSCO

Monsieur le Président, Mon troisième point concerne le rôle de la MONUSCO. Les défis sont complexes et nombreux. La mission a pour mandat de protéger les civils et d’appuyer la mise en œuvre de l’accord de la Saint-Sylvestre et le processus électoral. Ces priorités exigent l’engagement politique total de la part du gouvernement de la RDC, la clarté concernant les demandes et les attentes de la MONUSCO, ainsi que le soutien total de ce Conseil.

Nous sommes préoccupés par le fait qu'une nouvelle détérioration de la situation en matière de sécurité constituera un véritable défi pour la mise en œuvre du mandat.

Je félicite la représentante spéciale et son équipe pour les ajustements en cours et les réponses aux multiples menaces dans les circonstances les plus difficiles. L'approche "Protection par Projection" nécessitera des efforts continus et importants pour porter ses fruits. La lettre du secrétaire général sur la planification de mesures d’urgence le souligne encore une fois.

Conclusion

Monsieur le Président, La RDC compte de nombreux partenaires prêts à aider et à écouter. Disposés à contribuer au renforcement de sa sécurité et de sa stabilité.

La situation mérite toute notre attention. Il ne doit exister aucun doute sur notre engagement, ni sur notre volonté d’agir. Le temps presse.                                              

Je vous remercie.

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